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Un «soleil artificiel» chinois cinq fois plus chaud que le vrai

Dernière mise à jour : 17 janv.

La Chine, pays le plus consommateur d'énergie au monde avec son 1,4 milliard d'habitants, se penche sur de nouvelles sources d'énergies propres pour pallier le changement climatiquelié aux activités humaines. Parmi ses pistes de recherche les plus en pointe, on trouve le «tokamak supraconducteur expérimental avancé» (EAST), un réacteur à fusion nucléaire plus connu sous le surnom de «soleil artificiel». Il vient de franchir un nouveau record: atteindre une chaleur 5 fois supérieure à celle du Soleil, soit 70 millions de degrés Celsius, pendant 1.056 secondes, c'est-à-dire 17 minutes.

Ce chiffre épatant fait écho aux sommes investies dans le projet: plus de 700 milliards de livres sterling (soit 836 milliards d'euros). Mais pourquoi les physiciens chinois s'amuseraient-ils à faire quasiment exploser un réacteur surpuissant en dépassant la chaleur de notre étoile mère? Pour le climat!

Une énergie propre presque illimitée

Le but principal de l'expérience est de fournir une énergie propre qui pollue peu. De facto, le processus de fusion nucléaire ne nécessite pas de combustibles fossiles, bien connus pour leur impact considérable sur l'environnement et les émissions de gaz à effet de serre. De plus, ce «soleil artificiel» ne rejetterait aucun déchet dangereux, à l'inverse de la fission nucléaire. En plus d'être propre pour l'environnement, le tokamak risquerait beaucoup moins de provoquer une catastrophe environnementale. Cerise sur le gâteau: cette énergie est considérée comme presque illimitée. En recréant la physique du Soleil, les réacteurs fusionnent des noyaux atomiques et génèrent de l'énergie massive pouvant être transformée en électricité. Seul problème: la fusion nucléaire reste impossible à produire en dehors des laboratoires spécialisés. La Chine n'en est pas à sa première tentative. Une autre équipe, celle du HL-M2, était déjà parvenue à créer un plasma (un rassemblement d'électrons et de noyaux indépendants propice aux collisions d'éléments) durant 101 secondes jusqu'à 150 millions de degrés, signant une avancée particulièrement chaude mais nettement moins longue et productrice que le nouveau réacteur.

L'équipe de ce dernier poursuivra ses expériences jusqu'en juin et apportera également son soutien technique à un autre projet d'immense envergure en cours d'élaboration en France: le projet ITER. De son côté, le Royaume-Uni prévoit lui aussi de construire une centrale de fusion nucléaire.




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