Loire-Atlantique : une usine géante de production de cannabis thérapeutique au Carnet



Pas de fumée sans feu : le nouveau décret sur le cannabis thérapeutique a préparé le terrain à une expérience unique à venir à Frossay, de concert avec le Maroc. Explications.

Et si le cannabis devenait le véritable or vert du Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire, loin devant les éoliennes et autres énergies renouvelables ?

Ce vendredi 1er avril 2022, le Grand port doit signer un accord historique avec la nouvelle agence de régulation qui doit organiser la production de cannabis au Maroc.

En jeu : un nouveau consortium pour créer, en Loire-Atlantique, sur le site du Carnet, à Frossay, la première filière européenne de cannabis thérapeutique, avec pour commencer 2,5 ha de cultures sous dôme et une unité de production géante, pour laquelle sera aussi importé le cannabis du Maghreb.

Le décret a préparé le terrain

Le Maroc cultivait officiellement 55 000 hectares de cannabis en 2019, la production étant estimée à 700 tonnes, selon une étude publiée en 2020 par le réseau indépendant Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée, pour une valeur de 23 milliards de dollars, soit environ 19 milliards d’euros.

Depuis la publication en France le 17 février 2022 du décret relatif au cannabis à usage médical et avec l’intensification des débats autour de la légalisationde cette drogue dans le cadre de l’élection présidentielle, le Grand port maritime, qui était en panne de candidats à l’installation sur la zone du Carnet, va ainsi pouvoir mettre de l’eau à son moulin pour son projet d’écoport, en démarrant de manière très verte et vertueuse – puisque bonne pour la santé – son parc écotechnologique au Carnet.

Un travail a d’ailleurs été amorcé avec l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui supervise les spécifications techniques de la chaîne de production allant de la plante au médicament.




250 personnes attendues

Cette nouvelle usine à cannabis devrait employer 250 personnes dont une vingtaine pour les champs à cultiver, les autres étant dédiées à la recherche et développement, et à la fabrication.


L’accord de coopération franco-marocain pour ce consortium prévoit que la moitié des salariés soient recrutés directement au Maroc, au sein de la filière locale de production de cannabis.


Des tiny-houses pour éviter les contrôles

À terme, c’est un village pharmaceutique dédié à la filière du cannabis qui verra le jour sur toute la zone du Carnet, avec des maisons mobiles de type tiny-houses (mini-maisons) qui pourront accueillir jusqu’à 300 testeurs, puisqu’il est envisagé de faire des essais et de rémunérer des personnes pour évaluer les effets du THC à courte et moyenne vie.


Ces testeurs devront rester sur place pour éviter tout accident sur les routes et surtout les verbalisations possibles par les forces de l’ordre.


Une « unité festive de dégrisement » doit être construite, de manière à réaliser des expériences neurologiques sur les sujets testeurs.

Cela tombe bien puisque des fabricants de mini-maisons sont déjà en place en pays de Retz et voient ainsi se profiler un marché important qui dopera leur activité.




De la chaleur produite à Cordemais

Concernant l’énergie à fournir pour produire la chaleur nécessaire à la culture du cannabis sous serres, c’est ERDF avec la centrale électrique de Cordemais qui va développer une nouvelle technologie, alliée à un champ géant de panneaux solaires, pour conduire la chaleur produite via une liaison sous la Loire, au moyen un vaste de réseau « intelligent ».

Le coût de cette nouvelle infrastructure avoisine les 700 millions d’euros, y compris l’unité de production de cannabis.

Avantage : le site du Carnet dispose déjà d’un système de gardiennage et de surveillance éprouvé, qui devrait décourager les visiteurs tentés d’aller « faire leurs courses » dans les serres.


Le Grand port, qui vient de voir démanteler éolienne et ponton en bord de Loire, doit encore évaluer les besoins pour l’accostage des cargosmarocains.

Une étude devra aussi être réalisée pour connaître l’impact des rejets de THC résiduels liés à la production de cannabis sur la faune locale, notamment sur les congres et autres poissons de Loire qui auraient l’étrange idée de se rouler un joint sans en avoir l’air…


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