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LE CARBONE DANS LE SOL : EXPLICATIONS



Un sol vivant, c’est d’abord une histoire d’eau et d’air, ensuite de carbone et d’azote ! De ce même carbone dont la méthanisation fait du gaz, raison pour laquelle ça ne peut pas gazer. Explications.

En dépit d’être central dans la nutrition végétale et animale, beaucoup sous-estiment le rôle du CARBONE dans les sols, car ce n’est pas un élément nutritif ❗ Raison pour laquelle on en fait du gaz pour en tirer profit 😪. Certes, il n’y a pas de petits profits… mais « Le profit de l’un est le dommage de l’autre. » (Montaigne)

CARBONE MON AMOUR

Le carbone, c’est la clef de la fertilité et la charpente de toutes les molécules du Vivant. Ni plus ni moins, le monde est vivant grâce au carbone ! Pas que, mais pas sans, c’est la clef de voûte d’une agriculture soutenable et en synergie avec la nature. Mais quand l’amour vire au vinaigre, de sucré à aigre, le carbone est aussi une des clefs du réchauffement climatique !!!

Et plus le carbone se concentre dans le ciel, plus l’effet de serre est important. Et il n’a jamais été aussi concentré depuis 3 millions d’années… Le temps s’aigrit, l’avenir sent le moisi !

L’effet de serre, c’est comme être dans une serre avec la porte fermée. Ça provoque des pics de chaleur et ça devient vite irrespirable. Comme dans une voiture, vitres fermées et au pic du soleil, la chaleur s’évacue trop lentement. Mais elle s’évacue disent les climatosceptiques… 😪

LES SOLS VIVANTS ATTÉNUENT L’EFFET DE LA PORTE FERMÉE

La vie dans les sols fait tampon en régulant (entre autres) les cycles du carbone et de l’azote.

Les sols vivants atténuent l’effet de serre en le temporisant. Les vers de terre font d’ailleurs un gros boulot de ce côté-là. Mais voilà, avec la méthanisation, le carbone assimilable ne passe plus par les sols ! Le biogaz a beau être bio, il enlève le carbone de la bouche des vers de terre, ce même carbone qui se retrouve en quelques semaines de nouveau dans l’atmosphère !!! En train de réchauffer. Oui, on méthanise la nourriture des vers de terre, ces créateurs de fertilité essentiels à la stabilité des sols.


UNE ARTIFICIALISATION DU CYCLE DU CARBONE

Dans le sol, et selon sa structure moléculaire, son cycle s’étend de quelques années à plus de 50 ans avant de repartir dans l’air. Dans l’air où quasi la moitié de nos émissions y persiste des siècles… Pour diminuer la concentration atmosphérique et l’effet “porte de la serre fermée”, il faut séquestrerle carbone dans les sols, l’EMPRISONNER, pas le renvoyer là-haut, il faut respecter son cycle naturel, pas l’artificialiser en le raccourcissant. L’ADEME, l’Agence de la transition écologique, a pourtant publié un avis clair et net sur la neutralité carbone : « Fait de séquestrer autant de carbone que nous en émettons, de manière à stabiliser son niveau de concentration dans l’atmosphère. »


RESPECTONS LA CONTINUITÉ ÉCOLOGIQUE DU CARBONE

La loi oblige aujourd’hui à la CONTINUITÉ ÉCOLOGIQUE des cours d’eau : suppression des barrages ou aménagement de passages pour les poissons, l’objectif étant de préserver la biodiversité des rivières. Pourquoi n’oblige-t-elle pas à la préservation de la biodiversité des sols, là où les vers de terre vivent avec les 3/4 des espèces terrestres ?

Extrait de La méthanisation, une énergie qui sent le gaz : « On parle de continuité écologique pour un cours d’eau, mais un sol nourricier est soumis aux mêmes contraintes pour rester durable et performant. De nourriture à gaz sous couvert de performances économiques et énergétiques, nous sommes donc toujours dans cette vision archaïque des sols qui tourne le dos aux écosystèmes et aux services écosystémiques offerts gratuitement par la Nature. »

LE PROBLÈME, C’EST LE STOMATE !

Le stomate, c’est la bouche de la plante !!! L’organe qui lui permet de manger le carbone ! Plutôt de le gober comme la truite gobe la mouche à la surface de l’eau. Heu, enfin presque, je force un peu trop le trait… 😅 Le problème, c’est que le stomate ne peut pas gober plus que plus de carbone.

Pour être absorbée, une molécule de gaz carbonique (CO2) doit se trouver à proximité d’un stomate d’arbre, de plante, mousse, algue… C’est la base. Basique ! Le stomate, c’est la porte d’entrée dans la plante, là où le carbone atmosphérique passe pour être transformé en matière organique !!! Et cette transformation biochimique, assez complexe, peut se résumer à une interaction entre une molécule d’eau, de gaz carbonique et un grain de lumière (photon). On l’appelle la photosynthèse, et elle transforme le carbone inorganique en organique, en matière palpable et vivante.


ÉLOGE DU VER DE TERRE

Extrait : « Il y a toujours une plante au départ de la chaîne alimentaire animale, une symbiose, « une collaboration ancestrale entre trois partenaires : une cellule eucaryote, une cyanobactérie et un parasite du genre Chlamydia » ; une coopération entre une cellule et deux bactéries ; un process qui met en scène le photon, l’hydrogène, l’oxygène et le carbone ; une interaction entre l’eau, le gaz carbonique et le soleil. Nous dépendons tous de ce système exclusif de la photosynthèse dont les plantes ont la propriété exclusive. Notre seule source d’approvisionnement en carburant cellulaire, ce sont elles. »


SAUVER LE VER DE TERRE :

Extrait : « Même l’alternance du jour et de la nuit peut être vue comme un régulateur du cycle du carbone. Quand nous, les animaux, rejetons du C02, les plantes s’en nourrissent. Inversement quand elles rejettent de l’oxygène, l’oxygène étant un déchet de la photosynthèse… En effet, lors de cette réaction avec l’énergie solaire, la plante utilise les deux hydrogènes H20 pour synthétiser ses hydrates de carbone et rejeter l’atome d’oxygène. Bref, chacun se nourrit des déchets de l’autre ! Problème, nous rejetons aujourd’hui plus de CO2 que les plantes et les planctons peuvent en avaler, ce qui déséquilibre le système. »


EN RÉSUMÉ

La photosynthèse élabore des produits carbonéspour alimenter son développement cellulaire et produire le nectar pour attirer les abeilles et les vers de terre ! Eh oui, les vers de terre sont aussi des butineurs, ils butinent le nectar racinaire appelé : exsudat. Mais chut, faut pas le dire, ça renifle le complot anti-méthanisation 😂 Plein d’études scientifiques l’attestent dans le monde, on en parle bientôt, même si nous en avons déjà beaucoup parlé dans Sauver le ver de terre.


By Christophe Gatineau@lejardinvivant.fr

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