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Dans les marais de Vendée, le carbone bleu, un trésor pour lutter contre le réchauffement climatique



Prochainement, l'association Carbone bleu des Marais verra le jour aux Sables-d'Olonne. Elle aura pour but de lancer des recherches scientifiques et de vulgariser le carbone bleu.

Le carbone bleu, qu’est ce que c’est ?

Le principe du carbone bleu est relativement simple. Certains écosystèmes comme les vasières, herbiers, mangroves ou encore les marais, ont une capacité a piéger le gaz carbonique. Ils sont ainsi capables, selon le site internet de la Surfrider Foundation, « de stocker le CO2 de l’air dans les sédiments, grâce à un processus de photosynthèse. » Des puits de carbone voient ainsi le jour et séquestrent ce gaz carbonique. Ces écosystèmes de carbone bleu sont des alliés de taille contre le changement climatique, étant donné qu’ils peuvent absorber le CO2 jusqu’à quatre fois plus vite que les forêts tropicales, et dix fois plus que les forêts tempérées !

Pourquoi la création d’une association aux Sables-d’Olonne ?

Parce que selon les premières études, trois marais en Vendée pourraient convenir à la captation du gaz carbonique. Il s’agit du marais salé de Saint-Gilles-Saint-Hilaire, du marais du Veillon à Talmont-Saint-Hilaire et des marais d’Olonne et notamment au parc des Salines. Racheté à René Clouteau par le groupe Tesson, le parc pourrait accueillir des expérimentations scientifiques des chercheurs du CNRS et de l’université de La Rochelle, pour mieux comprendre le phénomène du carbone bleu dans les marais d’Olonne. « L’association verra le jour très prochainement. Après une assemblée générale constitutive et l’inauguration d’une exposition sur le carbone bleu, l’association Carbone bleu des Marais aura pour but de signer une convention de recherche avec l’université de La Rochelle, après validation de subventions accordées par les collectivités territoriales pour le déploiement des recherches dans les marais. L’association aura pour but également de communiquer sur le potentiel du carbone bleu à destination du grand public », détaille Jean-Eudes Tesson à l’origine du projet.

Pourquoi le groupe Tesson est la figure de proue de ce projet, sans forcément se l’approprier ?



Le groupe Tesson a racheté Les Salines à René Clouteau au courant de l’année 2021. Dans un souci de développer ses activités, notamment dans le cadre environnemental, le groupe Tesson a donc choisi de racheter les Salines, « pour qu’il reste notamment dans le giron sablais », précise son PDG sortant, Jean-Eudes Tesson.


Dirigé par Thomas Leclercq, directeur général de la filiale Frinergy qui s’occupera notamment du parc des Salines, le groupe Tesson se voit comme « un porteur du projet, aux côtés des collectivités territoriales, des partenaires privés et des 800 propriétaires privés des marais aux Olonnes. Mais le groupe Tesson n’entend pas s’approprier le projet. D’ailleurs, le parc des Salines fera référence au projet Carbone Bleu, mais ne tournera pas uniquement autour « , précise Thomas Leclercq.

Qu’est-ce que pourrait apporter le Carbone bleu à long terme à l’agglo des Sables-d’Olonne et à la Vendée ? Combien les expérimentations scientifiques vont-elles coûter ?

À long terme, outre l’intérêt environnemental conséquent qu’apporte le carbone bleu à la planète, il pourrait offrir également un argument de taille à la ville et l’agglomération des Sables-d’Olonne, dans sa stratégie d’attractivité verte des nouveaux ménages et des touristes. Selon les propos de Jean-Eudes Tesson, « avec le potentiel du carbone bleu dont dispose l’agglomération des Sables via ses marais, elle a la possibilité d’annihiler l’empreinte carbone qu’occasionnent ses activités touristiques. »


De plus, Jean-Eudes Tesson s’appuie sur l’exemple des Maldives, qui vend déjà des certificats de carbone bleu, pour compenser ses émissions carboniques. « Peut-être que ce genre de certificat sera déployé ailleurs dans le monde », estime Jean-Eudes Tesson. En attendant, de nouvelles rentrées d’argent dans les caisses sablaises, les différentes expérimentations scientifiques qui devraient débuter d’ici la fin de l’année dans les trois marais cités, coûteront « plusieurs centaines de milliers d’euros. »

Cela sera le prix à payer pour mieux comprendre le potentiel du carbone bleu dans les marais salés de Vendée.



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