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Dans ces villes, moins on produit de déchets, moins on paie de taxes

Dans certaines villes, les habitants paient des impôts supplémentaires en fonction de leur production de déchets. Objectif : sensibiliser.

« Pay-as-you-waste ». Ou, en français, « payez comme vous jetez ». Pour inciter les citadins à moins jeter, certaines villes n’hésitent pas à taxer leurs habitants en fonction de la quantité de déchets qu’ils produisent. Cette politique a été adoptée dans plusieurs États américains et à Séoul pour limiter le gaspillage alimentaire. Et elle semble porter ses fruits.


Aux États-Unis, la pratique est très répandue : elle est notamment appliquée dans les villes de Seattle, Berkeley, Austin et Portland. Le principe est simple puisqu’il consiste, dans la plupart des cas, à payer des impôts supplémentaires en fonction de la production individuelle de déchets. « Une manière de rendre les habitants plus impliqués dans les opérations de recyclage de leur ville et de les inciter à moins jeter », souligne une enquête publiée par le média The Conversation.


C’est notamment le cas dans l’État américain du Massachusetts, dont les ménages ont généré en moyenne 562 kg de déchets par foyer en 2020, contre 796 kg par ménage dans les villes qui n’ont pas adopté cette approche, indique l’article de Lily Baum Pollans, Professeur adjoint de politique et de planification urbaine au Hunter College à New York.

Concrètement, comment ça marche ?

Certaines municipalités demandent à leurs habitants et habitantes d’étiqueter des sacs-poubelles afin de payer séparément pour chaque emballage contenant les détritus. Les citadins peuvent aussi être obligés de s’inscrire à un service de collecte des déchets, ce qui limite la quantité d’ordures qu’ils peuvent déposer sur le trottoir.

Un système qui ressemble à celui instauré à Séoul. Depuis 2013, la capitale de la Corée du Sud exige que ses habitants payent des impôts supplémentaires en fonction du poids de leurs déchets alimentaires. Chaque foyer dispose d’une carte à puce, sésame pour accéder aux poubelles connectées munies de balances et fournies par la municipalité.


Une fois le contenu des sacs-poubelles (biodégradables) vidés, le poids correspondant aux déchets s’affiche sur un petit écran. Il est ensuite ajouté à la facture du foyer détenteur de la carte. Une mesure obligatoire et payante qui incite la population à limiter le gaspillage alimentaire et qui aurait permis à la municipalité de Séoul de réaliser des économies budgétaires d’environ 7 millions d’euros en termes de coûts de ramassage des ordures.

De la cryptomonnaie en échange de déchets

D’autres stratégies sont orchestrées pour encourager les citadins à ramasser les déchets sur leur temps libre. Si certains optent volontiers pour « le plogging », (tendance suédoise qui consiste à faire son jogging un sac-poubelle à la main tout en ramassant les déchets croisés sur sa route), d’autres le font contre une compensation financière.

C’est notamment le cas avec l’application Clean Coins, développée par une start-up basée à Haïfa, en Israël. La jeune pousse a développé une cryptomonnaie éponyme pour récompenser les utilisateurs et utilisatrices qui ramassent les déchets dans la ville. Ces derniers sont rétribués à la hauteur du nombre de déchets collectés et peuvent dépenser leurs gains (exclusivement en cryptomonnaie) dans les enseignes partenaires de l’entreprise.


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